Théâtre National

ARCHIVES 2000>2006

sept-oct

26|9> 20|10

Le mariage de Figaro de Beaumarchais
Mise en scène de Jean-Claude Berutti, assisté de Darren Ross

Trois ans après le Barbier de Séville, Figaro se marie...
Son valet va épouser Suzanne, la fille de chambre de la Comtesse, mais le Comte, lassé des faveurs conjugales,  souhaite s'accorder les faveurs de Suzanne.  Marceline souhaite aussi épouser Figaro qui le lui a promis contre un prêt d'argent...  L'intrigue est en place, la "folle journée" peut commencer ! 
Dans cette pièce, les coeurs et les corps se libèrent également de l'Ancien Régime".  Nous sommes en effet en 1784 et Beaumarchais dénonce les abus de pouvoir, les privilèges de l'aristocratie, la corruption de la justice, l'inégalité des conditions et des sexes.  Les êtres se cherchent, se séduisent, s'éprouvent, s'ouvrant finalement à l'autre et croient, même si cela ne doit durer qu'un jour, à l'amour, à l'égalité, à la fraternité.
Jean-Claude Berruti a cherché à atteindre cet état de grâce avec le concours d'acteurs plein d'énergie et de finesse.


6|10> 26|10

Charlotte de Michèle Fabien 
Avec Nathalie Cornet et Valérie Bauchau 
Mise en scène de Marc Liebens, scénographie de Claude Lemaire

Charlotte, fille de Léopold Ier, Roi de Belgique, naît en 1840.  Elle sera impératrice du Mexique par son mariage avec Maximilien d'Autriche.  Elle rêve d'en faire un pays de progrès et de paix.  Mais elle déchantera :  son rôle n'est pas de gouverner, et le Mexique est secoué de révoltes.  Revenue d'urgence en Europe pour solliciter l'armée de Napoléon III et l'appui du pape, elle se heurte à l'indifférence.  Sa raison bascule tandis que son mari se fait fusiller par les mexicains.  Ramenée d'autorité à Laeken en 1869 par son frère Léopold II, Charlotte commence alors une longue descente dans la nuit, 60 ans de folie.  Avec la récente publication de la correspondance de la Princesse, Michel Fabien s'est intéressée à l'évolution de sa folie qui apparaissait comme une revanche prise sur la vie et l'histoire, grâce à l'imaginaire...  Elle a donc écrit une pièce sur Charlotte en la dédoublant : deux voix, deux corps en dialogue pour dire une identité qui se défait et se recompose ailleurs, autrement.  Et, pour ajouter au vertige de cette schizophrénie en acte, elle a présenté ces doubles non comme des personnages mais comme deux actrices jouant à être l'impératrice...  Un savant défi de mise en scène et deux actrices remarquables !


nov-déc

7|11> 2|12

Enfin bref de Rudi Beckaert - Cie Dito'Dito et Transquinquennal 

Les préoccupations des bourgeois bruxellois décortiqués avec beaucoup d'humour et sans jugement. Cette comédie sur la Jetset est irrésistible ! (Reprise)


14|11> 18|11

Médée d'Euripide, traduit par Myrto Gondicas et Pierre Judet de la Combe - Mise en scène de Jacques Lassalle - Avec Isabelle Huppert, Anne Benoît, Jean-Quentin Châtelain, Jean-Philippe Puymartin, Emmanuelle Riva, Pascal Tokatlian et les enfants...

L'histoire mythique d'une femme meurtrie et meurtrière...

Isabelle Huppert a bouleversé le public du Festival d'Avignon : Médée est à la fois monstrueuse et attachante, courageuse, aimante et humaine, familière presque dans sa folie.


22|11> 25|11

Noce d'Elias Canetti - Mise en scène de Philippe van Kessel

Vienne, au début des années 30.  Il y a foule ce soir : la fille de l'architecte se marie...  Mais quelle noce !  Spéculations sordides, séductions salaces, tel est le menu des petits bourgeois en fête, avec le fascisme pour tout horizon.  Quant aux occupants de la maison, ils ne sont pas en reste.  Entre l'agonie de la femme du  concierge, les cris du bébé insomniaque, les disputes de ses parents, les ébats d'un couple et la cour ridicule d'un jeune homme à une jeune fille blasée, c'est à une grotesque débauche de méchanceté, d'égoïsme et de peur qu'on assiste... qui fait rire autant que frémir.  Avec l'arrivée de Jorg Haider au pouvoir en Autriche, l'actualité semble avoir redonné toute cette réalité à ces égarements.  (Reprise)


6|12> 22|12

En attendant Godot de Samuel Beckett
Mise en scène de Lorent Wanson
Avec Cyril Briant, Frédéric Hérion, Grégory Praet, Renaud Riga, Carlo Valenti.
Cette pièce mythique est montée avec de jeunes acteurs et pose la question du néant dans notre société actuelle qui ne propose rien à sa jeune génération, excepté la consommation.
Du même coup, les perspectives de la pièce prennent un autre sens.  


12|12> 31|12

Une soirée sans histoire d'Axel de Booseré - Compagnie Arsenic -  Se faire peur... pour rire de tout ce qui fait  peur : le trou dans la couche d'ozone, la vache folle, la fin des pensions, la mort bien sûr...
Un spectacle grand guignolesque avec des attractions joyeusement gores, un cabaret de chansons cruelles, des monstres, trois pièces à dormir debout...
Entrez, entrez Mesdames et Messieurs !

2001

janv-fév

16|1> 3|2

Les cannibales
par le Groupe 92


1|2> 23|2

Vésale de Patrick Roegiers 
Interprété par Gérard Hardy au centre de son "auditoire". L'occasion de connaître l'homme, son histoire, sa vision du corps et de la mort.  Saviez-vous que Vésale était belge ? Qu'avant de s'appeler Vésale, il s'appelait André van Wesele ?

Cet homme hors du commun allait bouleverser la connaissance du corps humain alors que Copernic bouleversait l'ordre du monde... Une dissection implacable. A découvrir !


9|2> 15|2

La nuit des rois de Shakespeare
Mise en scène de Nathalie Mauger - Reprise d'un superbe spectacle qui creuse le thème de l'androgynie, de la féminité, de l'identité, du désir, des fantasmes... savamment mis en scène (Prix du Théâtre 99), avec une distribution entièrement masculine.
La douzième nuit de Carnaval, tout est permis... A voir !


mars

6>17|3

Menuiserie du Théâtre National

- Le Canard Bleu de Hervé Blutsch 
Chronique burlesque des affres de la vie administrative en 10 tableaux, 4 danses et peut-être une chanson.  Un moment de réflexion sur : les normes, les dogmes, le respect des règles et la soumission à l'autorité.
Monsieur Mash, directeur du bureau 49, département 12, section 123, bi-secteur 37 et son contre-maître Monsieur Flitz accueillent un nouvel employé : Monsieur Plock.

Dans le cadre du Festival "Les Giboulées
Voir le programme complet : >>> 

Infos et réserv. : 
Tél.: 02/ 735 64 68 ou par mail : balsamine@skynet.be 

6|3> 24|3

Elektra de Hugo von Hofmannstahl


7|3> 24|3

Dommage que ce soit une putain 
de John Ford


avril

24|4> 28|4

William Pig, le cochon qui avait lu Shakespeare
de Christine Blondel


mai

2|5> 5|5
2-4/5
20.15
3/5
13.45
20.15

The Tempest / La Tempête de Shakespeare
Réalisé par James Macdonald
Par la Royal Shakespeare Company 
Détrôné par son frère Antonio, Prospero, Duc de Milan, est jeté dans une barque à la merci des vagues avec sa fille Miranda. Il aborde sur une île déserte où a été reléguée la sorcière Sycorax. Grâce à ses pouvoirs magiques, Prospero a libéré différents esprits emprisonnés par la sorcière parmi lesquels Ariel et Caliban, fils de Sycorax et les a soumis à ses ordres. Douze ans après, un bâteau à bord duquel voyage Antonio l'usurpateur, son allié Alonso, Roi de Naples, et le fils de celui-ci Ferdinand, s'échoue sur la côte de l'île grâce aux artifices de Prospero. Si ce dernier peut lever les tempêtes à son gré, il n'a par contre aucune emprise sur le coeur humain,y compris le sien... 

Oeuvre mystique et spirituelle, "La Tempête" est considérée comme la dernière pièce de Shakespeare et comme sa méditation la plus personnelle sur son art.
Royal Shakespeare Company : http://www.rsc.org.uk/
Infos : 02/203 53 03 ou www.theatrenational.be


2|5> 19|5

L'île des esclaves de Marivaux - Reprise
Mise en scène : Jean-Claude Berutti - Assistant à la mise en scène : Patrick Bebi - Scénographie et costumes : Anne Guilleray - Lumières : Xavier Lauwers - Mouvement : Darren Ross
Coiffures, maquillages : Serge Bellot - Décor sonore : Willy Paques - Images d'animation : Lorenzo Chiandotto - Régie générale : Roger Buelens - Interprétation : Patrick Donnay, Sébastien Dutrieux, Blaise Ludik, Nicole Oliver, Marielle Scholtissen.
Sur cette île imaginaire, habitée par d'anciens esclaves athéniens révoltés, s'est en effet établie une république dans laquelle maîtres et valets échangent leurs rôles. Echoués là à la suite d'un naufrage, Arlequin et son maître d'une part, Cléanthis et sa maîtresse de l'autre, vont faire l' expérience de ce renversement mené par Trivelin, un drôle de philosophe...
Est-il un apprenti sorcier ou un fin dialecticien? Ses manipulations semblent avoir pour objectif une tabula rasa de ce qui fonde la société de l'Ancien Régime, et l'édification d'une société sans classes. Mais son projet ne dévie-t-il pas en cours de route à la vue de ce que provoque sa révolution? A moins qu'insatisfait des réactions de son laboratoire humain, il ne mette brutalement fin à l'expérience? Mais alors, comment se continuera le voyage des deux esclaves et des deux maîtres après leur passage forcé dans la terreur et la perte d'identité?

Moins connue que d'autres pièces de Marivaux, L'Ile des esclaves n'en a pas moins été l'un de ses plus grands succès. C'est bien l'homme des Lumières qui s'y exprime, délaissant l'art de la conversation et les marivaudages du coeur au profit d'une réflexion sociale et philosophique aussi radicale qu'ambiguë sur la liberté, l'égalité et la bonté naturelle de l'homme. 

Jean-Claude Berutti et les acteurs de l'Atelier Jeune Théâtre National ont aiguisé ces questions durant toute une saison de tournée, avec autant de finesse que d'énergie, dans une mise en scène qui donne admirablement corps aux jeux de pouvoir, entre rire, désir et violence...

SAISON 2001_2002

2001


27|9> 20|10

Chapiteau
Quai aux Briques
(Place Sainte- Catherine)

Le Dragon d'Evguéni Schwartz - Cie Arsenic
Conception et dramaturgie : Maggy Jacot et Axel De Booseré
Mise en scène : Axel De Booseré
Scénographie et costumes : Maggy Jacot
Assistante à la mise en scène : Mireille Bailly
Assistants à la scénographie : Rüediger Flöerke, Ivan Fox, Claire Renard - Lumières : Gérard Maraite - Son : François Joinville
Composition musicale : Stéphane Kaufeler - Maquillages :Serge Bellot
Ave : Mireille Bailly, Vincent Cahay, Denis Closset, Jean-Luc Couchard, Ivan Fox, Stéphane Kaufeler, Jean-Philippe Lejeune, Virginie Ransart, Claire Renard, Fabrice Schillaci.

Depuis 400 ans, un dragon de légende règne en tyran sur une cité avec la complicité du bourgmestre. Jusqu'au jour où arrive Lancelot, héros professionnel. Malgré les réticences de la population ­ le dragon n'est-il pas invulnérable ? -, il défie la bête et la tue. Mais, blessé, il quitte la ville et les potentats s’attribuent sa victoire sans que le peuple ne bronche. Seule Elsa, promise au nouveau président, se rebelle. Et Lancelot revient, chasse les usurpateurs et exhorte les citoyens à la vigilance, à la résistance avant d'épouser Elsa. Telle est la fable du Dragon, un conte théâtral signé Evguéni Schwartz. 
Né en 1896 à Kazan et mort en 1958 à Leningrad, cet écrivain-journaliste-comédien a connu la dictature stalinienne mais  aussi le nazisme, au moment du siège de Leningrad par les Allemands en 1941. Presque toutes ses pièces pour enfants ou pour adultes, écrites en référence à l'hitlérisme, remettent en question les sociétés totalitaires. Voilà pourquoi Le Dragon, créé en 1944 à Moscou, fut interdit après la première représentation et censuré durant 20 ans : le pouvoir soviétique y voyait aussi une critique de Staline et du régime communiste.
Avec cette pièce maîtresse, Schwartz inaugure un genre nouveau. Puisant dans l'héritage populaire, le cirque, le music-hall et le guignol cher aux constructivistes et aux formalistes russes des années 20, il pratique le collage des arts pour réinventer un conte, le "conte soviétique" : un savant mélange de subversion et de naïveté, de quotidien et de fantastique, de gravité et d'humour par lequel il propose aux hommes des principes de dignité, dont celui de combattre les forces destructrices au lieu d'y céder. Le Dragon n'est pas qu'une allégorie historique; c'est une réalité contemporaine. Et un appel à la conscience et à la responsabilité citoyennes, exprimé dans une forme accessible et originale.

Après Une soirée sans histoires, spectacle grand-guignolesque sur nos peurs mené par sa compagnie Arsenic sous un chapiteau magique, Axel De Booseré replante sa tente à malices pour une soirée avec histoire tout aussi insolite, ludique et dérangeante, ouverte sur l'imaginaire le plus fou mais ancrée dans le réel le plus vrai. 

COPRODUCTION Théâtre National de la Communauté Wallonie Bruxelles, Arsenic et L’Abattoir-Chalon dans la rue / Chalon-sur-Saône. 


11>29|12 

Théâtre Marni

En attendant Godot de Samuel Beckett - Reprise
Primé aux Prix du Théâtre saison 2000-2001: Meilleure mise en scène !  Celle-ci est de Lorent Wanson - Scénographie : Daniel Lesage - Musique : Jean-Paul Dessy - Lumières : Guy Simard 
Avec Cyril Briant, Frédéric Hérion, Grégory Praet, Renaud Riga, Carlo Valenti.

Cette pièce mythique est montée avec de jeunes acteurs et pose la question du néant dans notre société actuelle qui ne propose rien à sa jeune génération, excepté la consommation.
Du même coup, les perspectives de la pièce prennent un autre sens.  

En janvier 1949, Samuel Beckett, romancier irlandais émigré à Paris, achevait la version française d’En attendant Godot. C'était sa première pièce de théâtre ; elle allait, avec la mise en scène de Roger Blin en 1952, provoquer le scandale puis le succès, passer ensuite à la postérité et ouvrir la voie à d’autres chefs-d’oeuvre : Fin de partie, Oh les beaux jours... A l'époque, le vent d’absurde, de vaine attente qui soufflait sur la route de Vladimir et Estragon était existentiel, métaphysique. La seconde guerre mondiale, puis Hiroshima avaient creusé un grand trou sur la terre comme au ciel, effaçant tout sens et tout God... Que signifie attendre Godot cinquante ans après ? Pour Lorent Wanson, résolument engagé dans les réalités humaines, sociales et politiques de son temps, les premières répliques de la pièce nous le révèlent déjà : “Rien à faire” dit Estragon.
“Je commence à le croire” répond Vladimir...
Ce “rien à faire” résonne violemment aujourd’hui dans le contexte de crise et de chômage qui est le nôtre ; en particulier pour les jeunes. Voilà pourquoi le metteur en scène a transformé l’éternelle attente des vieux frères-clochards en énergie survoltée d’adolescents résistant à l'ennui. A rebrousse-poil des mises en scènes canoniques, c'était un pari en hommage à la jeunesse d’aujourd’hui, démunie devant un monde fermé. 


top

2002

15>31|1

PALACE

L'école des femmes de Molière 
Mise en scène : Jacques Delcuvellerie - Scénographie : Johan Daenen - Costumes : Greta Goiris - Lumières    Philippe Sireuil
Avec : Luc Brumagne, Jeanne Dandoy, Sacha Kremer, Henri Monin, Max Parfondry, Julien Roy, Alexandre Trocki, Michèle Vegairginsky...

Si Jacques Delcuvellerie mène depuis 1980 avec son collectif liégeois une recherche théâtrale radicale, jalonnée de grands spectacles - de Koniec à Rwanda 1994 en passant par le "Tryptique Vérité" (L'Annonce faite à Marie, Trash, a lonely prayer et La Mère) -, il poursuit également un travail de metteur en scène indépendant qui l'a déjà plongé avec bonheur dans Racine, Marivaux, Courteline ou Beaumarchais. L'intérêt de la chose, pour lui et pour nous, c'est qu'il aborde le répertoire autrement, avec l'exigence d'analyse qu'on lui connaît et l'expérience d'une pratique différente. Ainsi, sur L'École des femmes, avant d'avoir des intentions, il a d'abord des questions. Par exemple : "L'École appartient, comme chacun sait, à une tradition thématique qui va du Vieillard jaloux au Barbier de Séville. On s'accorde aujourd'hui à penser que la pièce de Molière constitue le chef-d'oeuvre du genre. [...] Pourtant l'intrigue nous semble si lointaine : ce vieillard ­ pour l'époque ­ cultivant en serre une jeune fleur dont il entend se réserver la jouissance et cette hantise du cocuage dès le premiers vers, sujet qui depuis le triomphe du théâtre bourgeois appartient exclusivement au registre léger du boulevard... Alors ? Qu'est-ce qui nous touche toujours, au point d'en avoir fait le succès le plus permanent de Molière ? Est-ce le vieux thème du jeune amour triomphant éternellement des contraintes et des pièges ? Ou cette figure érotique toujours active de l'innocence s'éveillant comme malgré elle au désir dans l'intransigeance de sa naïveté ? Ou quelque chose de Lolita qui traînerait dans la passion quasi-incestueuse d'Arnolphe pour Agnès et dans le démenti cruel que la vie inflige toujours à ceux qui s'évertuent à rendre intouchable l'objet de leur monomanie ?"  Sans prétendre répondre à toutes ces interrogations, le spectacle les mettra en tous cas en action. Avec les interprètes que Jacques Delcuvellerie a choisis, cette École, fruit d'une collaboration proposée par le Théâtre National à l'Atelier Théâtral de Louvain-la-Neuve, nous promet le même succès qu'au temps de sa création par Molière, en 1662. 

COPRODUCTION Atelier Théâtre Jean Vilar et Théâtre National de la Communauté Wallonie Bruxelles


14|2> 8|3

PALACE

Coeur de chien de Mikhaïl Boulgakov 
Mise en scène   Philippe van Kessel

Le 7 mai 1926, Mikhaïl Boulgakov reçoit dans son appartement de Moscou la visite des agents du Gépéou, la police secrète soviétique. Ils confisquent son journal et ses manuscrits. Parmi eux, un court roman, Coeur de chien, qui raconte comment le distingué professeur Preobrajenski greffe à un chien les testicules et l'hypophyse d'un homme décédé depuis quelques heures. Voilà que l'animal se métamorphose en humain, mais de la pire espèce : un voyou bolchevique !  L'écrivain récupérera son texte, mais ne le verra jamais publié. C'est que, même si le personnage du savant respectable n'est pas épargné (lui qui, dans le confort bourgeois de son cabinet, joue à l'apprenti-sorcier et s'illusionne sur les bienfaits de la science), la charge contre le régime est trop féroce et trop drôle pour ne pas faire mouche. Boulgakov n'est pas, ne sera jamais un auteur communiste.
Né à Kiev en 1896 dans une famille cultivée, il a fait des études de médecine qu'il a mises en pratique durant la guerre en 1916. Pris dans les remous de la Révolution d'Octobre, il est enrôlé dans l'armée "blanche".  Mais il s'en échappe, préférant observer les événements qui donneront naissance en 1924 à La Garde blanche, son premier roman (publié non sans ennuis) puisqu'il parle des "vaincus" de la Révolution. Il en tire une pièce en 1926, Les Journées des Tourbine  qui, après une première triomphale, est interdite. Staline autorisera toutefois sa reprise au Théâtre d'Art de Moscou. En 1930, il proposera même à Boulgakov d'y travailler comme adaptateur et assistant à la mise en scène mais jamais comme auteur.  Enfermé dans l'oubli, Boulgakov accumulera les chefs-d'oeuvre dans ses tiroirs jusqu'à sa mort en 1940. En 1966, Krouchtchev autorise la publication expurgée du Maître et Marguerite, roman fantastique qui range immédiatement l'écrivain au rang des plus grands prosateurs du XXe siècle ; mais il faut attendre 1987 pour découvrir cet autre bijou qu'est Coeur de chien. Le temps n'a rien entamé de la virulence politique de ce texte, ni de son actualité scientifique - en notre ère de clonage ! Et le talent de conteur de Boulgakov y éclate dans sa géniale causticité, "avec une vivacité, un sens des personnages et du dialogue tels qu’ils appellent la scène" déclare Philippe van Kessel. Pour inaugurer le cycle russe, il se livre donc lui aussi à une expérience : adapter pour le théâtre cette fable insolite, entre Frankenstein et Le Cabinet du docteur Caligari...


19|3>5|4

PALACE

Gorki-Tchkhov d’après la correspondance traduite par Jean Pérus
Adaptation  Evelyne Loew - Mise en scène  Alfredo Cañavate
Scénographie, assistante à la mise en scène Anne Guilleray
Costumes  Colette Huchard - Lumières  Benoit Gillet
Décor sonore  Willy Paques - Régie générale  Michel Dailly
Avec : Jean-Pierre Baudson, Patrick Donnay..

En 1900, au début de notre siècle, le téléphone existe mais ne relie pas encore Nijni-Novgorod et Yalta. Quelle chance pour nous ! Car c’est par lettres que deux auteurs majeurs du théâtre russe, Maxime Gorki et Anton Tchekhov, entrent en relation” écrit Evelyne Loew dans sa préface à la correspondance entre les deux auteurs qu’elle a adaptée pour la scène en 1995.
 Tchekhov est alors un écrivain célèbre, Gorki encore un inconnu. Très vite, cet échange épistolaire entre deux grands écrivains devient dialogue entre deux “grands” êtres humains, abordant fraternellement de multiples sujets : la littérature bien sûr, son milieu, son métier, le Théâtre d'Art de Stanislavski et sa troupe novatrice, l'éducation, la misère du peuple, la responsabilité de l’artiste, leurs problèmes d’argent, leur santé, leurs amours, leurs espoirs, leurs doutes… 
A travers chaque missive, l'homme est au centre de leurs préoccupations et leur amour de la vie reste intact. C'est cela qui rend cette correspondance - interrompue par la mort de Tchekhov en 1904 - unique et bouleversante.  

Evelyne Loew en a tiré un texte pour la scène, où le dialogue écrit prend corps et voix, où la distance épistolaire s’annule dans la proximité des acteurs répondant l’un à l’autre dans l’espace inventé du théâtre - lieu de tous les possibles... “C'est un juste retour des choses que cette correspondance dans laquelle le théâtre est sans cesse présent retourne au théâtre et rencontre le large public [...] dont rêvaient Gorki et Tchekhov.”  Autant de raisons pour lesquelles Alfredo Cañavate, Jean-Pierre Baudson et Patrick Donnay ont choisi de présenter ce texte dans le cadre du cycle russe. Leur pari est à la mesure du désir que ces complices de longue date souhaitaient réaliser : créer un spectacle à trois, à partir d’un texte original, qui dise l’amour du théâtre, l’ouverture sur le monde et le souci de l’autre.


18|4> 10|5

PALACE

... Tout le reste n'est que cendre d’après La Maison brûlée d’August Strindberg - Mise en scène : Pascal Crochet - Dramaturgie  Fabienne Verstraeten - Scénographie : Christine Flasschoen - Costumes : Colette Huchard - Lumières : Xavier Lauwers - Avec Jean-Pierre Baudson, Agnès Guignard, Gaëtan Lejeune, Magali Pinglaut...

Pascal Crochet, le metteur en scène de Personne ne m’a prise par la main pour m’emmener là-bas, choisit de monter cette saison La Maison brûlée, une pièce de la maturité de Strindberg, deuxième opus d'une série de cinq "pièces de chambre" écrites en 1907.
Au centre de son texte, Strindberg place les ruines encore fumantes d'une maison incendiée. Autour de ces ruines, des personnages viennent tour à tour converser avec l'Etranger, un mort-vivant revenu d'une lointaine Amérique, qui se révèle être un des fils "de la maison". L'incendie catastrophique a rompu les silences, et c'est sur les cendres de l'ancienne bâtisse familiale qu'une parole neuve peut enfin advenir. Parler signifie ici convoquer et interroger les méandres du passé, tenter de faire retour sur les histoires, récits et vertiges de l'enfance. Le grand corps brûlé de la maison devient une "chambre des mémoires" qui ouvre le champ d'un dialogue entre vivants et morts. Comment ne pas mettre cette image centrale et radicale en résonance avec d'autres, plus proches de nous ? Les cendres et les spectres ne hantent-ils pas notre siècle ? Au dialogue strindbergien, le metteur en scène et sa complice dramaturge Fabienne Verstraeten ajoutent donc d'autres voix d'écrivains, habités par cette quête d'une parole surgissant des décombres historiques ou intimes : Rainer-Maria Rilke, Paul Celan, Walter Benjamin, Claude Simon, René-Louis des Forêts…  Plus question ici de théâtre au sens "classique". Ce qui était récit devient fragment, ce qui était personnage devient porte-parole, ce qui était décor devient débris. Mais de ce bouleversement naît une autre théâtralité, capable d'exprimer la poésie fragile des petits et grands désastres de notre histoire, de rendre visibles et audibles les fantômes, de raconter le souvenir fugitif et l'être disparu… Plus qu'un spectacle, Pascal Crochet nous propose donc une méditation scénique sous forme de polyphonie, avec un chœur de sept acteurs prêts à vous emmener sur les rivages intérieurs de la destruction et ses transmutations possibles...


7>11|5

HALLES DE SCHAERBEEK

Rwanda 1994 par le Groupov  - Reprise
(Marie-France Collard, Jacques Delcuvellerie,
Yolande Mukagasana, Jean-Marie Piemme, Mathias Simons)
Mise en scène Jacques Delcuvellerie
Collaboration à l’écriture Dorcy Rugamba, Tharcisse Kalisa Rugano - Composition musicale Garrett List
Metteur en scène associé Mathias Simons
Scénographie Johan Daenen - Costumes Greta Goiris
Avec Yolande Mukagasana, Luc Brumagne/Maurice Sévenant,
Younoussa Diallo, Stéphane Fauville, Carole Karemera/Estelle Marion, Jeanne Kayitesi, Francine Landrain, Joëlle Ledent, Massamba, Augustin Majyambere, Max Parfondry, Dorcy Rugamba, François Sikivie/Stéphane Vincent.

Quatre ans de recherches, de voyages, de rencontres, de lectures ont fourni la matière des témoignages, fictions, images, choeurs parlés et chantés d'une création qui ne se contentait pas de "montrer des choses vraies", mais tendait à découvrir "comment sont vraiment les choses"... Le résultat, créé en 1999, constitue un véritable événement théâtral, salué par le Prix Michèle Fabien, le Prix du Théâtre et le Prix Océ. 

"Nous sommes un million de cris suspendus au-dessus des collines du Rwanda. Nous ne sommes pas en paix." Le 6 avril 1994, d'un tir de roquettes, l'avion du président rwandais Juvenal Habyarimana est abattu au-dessus de la capitale Kigali. Dans les minutes qui suivent le crash, les premiers coups de feu retentissent, les barrages se mettent en place, les exécutions commencent. Le troisième génocide du siècle vient de débuter. Pendant trois mois, les Tutsi du Rwanda seront systématiquement massacrés, de nombreux Hutu du Sud et des opposants seront également assassinés. Les estimations des organismes ayant réellement enquêté sur le terrain donnent huit cent mille à plus d'un million de victimes - ceci au vu et au su du monde entier. Bouleversés par l'horreur, révoltés par l'indifférence, les mensonges, la désinformation et les camouflages politiques qui suivirent cette tragédie, Jacques Delcuvellerie et le Groupov se sont attelés, il y a cinq ans, au projet Rwanda 1994. Donner voix et visage humains à cette réalité scandaleuse, interroger les causes de l'horreur pour se donner les chances du "plus jamais ça" et mettre en jeu les formes scéniques les plus adéquates pour en rendre compte, tel était leur défi artistique et politique, auquel ont collaboré une trentaine d'artistes, pour la plupart belges et rwandais.  


14|5> 1|6

PALACE

Notre Pouchkine d'Alexandre Pouchkine - Atelier Jeune Théâtre National IV - Traduction, adaptation : André Markowicz - Mise en scène et décor sonore : Julien Roy - Scénographie et costumes : Anne Guilleray - Lumières : Christian Léonard - Maquillages : Martine Lemaire - Gestuelle et danses : Fanny Roy

Pouchkine ! Un nom connu, reconnu, consacré par la littérature. Le nom d’un poète-comète, nourri de culture occidentale et de légendes russes, qui touche à tous les genres littéraires avec génie et donne ses lettres de noblesse à sa langue natale. Le nom d’un homme turbulent, qui écrit par à-coups, entre ses sorties mondaines, ses passions amoureuses et ses périodes d’exil, avant de mourir en pleine gloire, à 38 ans, des suites d’un duel. Le nom d’un penseur paradoxal, chantre de la liberté et poète de l’empire, banni à plusieurs reprises pour ses sympathies révolutionnaires puis rappelé par le tsar Nicolas Ier et protégé par lui...  Mais, derrière le nom, que connaît-on de l’oeuvre du fulgurant Pouchkine ? La Dame de Pique, sans doute, sa nouvelle la plus connue, son roman en vers, Eugène Onéguine, sa poésie aussi... Et son théâtre ? Il y a Boris Godounov, bien sûr, tragédie historique rendue célèbre par l’opéra de Moussorgsky. Et puis, quelques courtes pièces : Une scène de Faust (1825), La Roussalka (1832), et quatre petites tragédies qui datent de 1830. Pouchkine y reprend
de grands thèmes et personnages de notre culture avec une concision, un style et un rythme dont lui seront redevables tous les auteurs russes qui suivront, de Gogol (à qui il donnera le sujet des Ames mortes et du Revizor) à Boulgakov, en passant par Dostoïevski. Voilà pourquoi Julien Roy, invité à diriger le quatrième Atelier Jeune Théâtre National et désireux de l’inscrire dans le cycle sur le théâtre russe, s’est tourné vers ces sources fondatrices ! Il s'y est plongé avec les acteurs qui furent de l’aventure de L’Ile des esclaves de Marivaux - puisque tel est le contrat de cet atelier : proposer deux années de travail à de jeunes comédiens sortant des écoles de théâtre, sous la direction de metteurs en scène confirmés. Julien Roy en a retiré quatre petites pièces, dont il a fait un spectacle chatoyant, festif et grave comme la vie adossée à la mort. Un spectacle qui fait de Pouchkine notre contemporain, notre
frère, parce qu’il parle de nos passions et de nos interrogations d’hommes à travers des figures familières : Don Juan, Mozart, Salieri, Faust... Faites donc connaissance avec lui !


En tournée

L'île des Esclaves de Marivaux 
Mise en scène Jean-Claude Berutti - Scénographie et costumes Anne Guilleray - Lumières Xavier Lauwers - Mouvement Darren Ross - Maquillage, coiffures Serge Bellot - Décor sonore Willy Paques - Avec : Patrick Donnay, Sébastien Dutrieux, Blaise Ludik, Nicole Oliver, Marielle Scholtissen.

Moins connue que d'autres pièces de Marivaux, L'Ile des esclaves n'en a pas moins été l'un de ses plus grands succès. Créée en 1725 par les Comédiens-Italiens avec Silvia, son actrice-égérie, dans le rôle de Cléanthis, et le fameux Thomassin en Arlequin, cette courte pièce en un acte est la première d'une trilogie sur "l'île utopique" - motif inauguré par Thomas More - que Marivaux poursuivra avec L'Ile de la raison et La Nouvelle Colonie ou L'Ile des femmes.  C’est aussi dans une trilogie que Jean-Claude Berutti a inscrit sa mise en scène de la pièce. Un triptyque sur les Lumières, inauguré avec L'Adulateur de Goldoni et clôturé par un éclatant Mariage de Figaro.  Entre les deux se glisse le petit canevas marivaudien. C'est bien l'homme des Lumières qui s'y exprime, délaissant l'art de la conversation et les marivaudages du coeur au profit d'une réflexion sociale et philosophique aussi radicale qu'ambiguë sur la liberté, l’égalité et la bonté naturelle de l’homme. Sur cette île imaginaire, habitée par d'anciens esclaves athéniens révoltés, s’est en effet établie une république dans laquelle maîtres et valets échangent leurs rôles. Echoués là à la suite d’un naufrage, Arlequin et son maître d’une part, Cléanthis et sa maîtresse de l’autre, vont faire l’expérience de ce renversement mené par Trivelin, un drôle de philosophe...
Ses manipulations semblent avoir pour objectif une tabula rasa de ce qui fonde la société de l'Ancien Régime, à savoir l’édification d’une société sans classes. Mais son projet ne dévie-t-il pas en cours de route à la vue de ce que provoque sa révolution ? A moins qu'insatisfait des réactions de son laboratoire humain, il ne mette brutalement fin à l'expérience ? Mais alors, comment se continuera le voyage des deux esclaves et des deux maîtres après leur passage forcé dans la terreur et la perte d'identité ?
Jean-Claude Berutti et les acteurs de l'Atelier Jeune Théâtre National ont aiguisé ces questions durant toute une saison de tournée, avec autant de finesse que d’énergie, dans une mise en scène qui donne admirablement corps aux jeux de pouvoir à l'oeuvre, entre rire, désir et violence... 


En tournée

Vésale de Patrick Roegiers 
Interprété par Gérard Hardy au centre de son "auditoire". L'occasion de connaître l'homme, son histoire, sa vision du corps et de la mort.  Saviez-vous que Vésale était belge ? Qu'avant de s'appeler Vésale, il s'appelait André van Wesele ?

Cet homme hors du commun allait bouleverser la connaissance du corps humain alors que Copernic bouleversait l'ordre du monde... Une dissection implacable. A découvrir !


En tournée

Les Bonnes de Jean Genet
Mise en scène : Lorent Wanson - Scénographie : Daniel Lesage
Interprétation : Mireille Bailly, Delphine Bibet, Magali Pinglaut 

Après En attendant Godot, réalisé en collaboration étroite avec le Centre Dramatique du Hainuyer, Lorent Wanson poursuit dans le même cadre son exploration des oeuvres-phares et -chocs du théâtre du XXe siècle. Ce qui l'intéresse chez Samuel Beckett ou son contemporain Jean Genet ? Non pas la lecture à en faire, mais la puissance à en activer. Puissance de rébellion, qu'il entend saisir au présent pour nous alerter sur notre aliénation. Genet
en savait quelque chose, lui qui, sorti de l'Assistance publique, choisit de refuser le monde qui l'avait refusé en exaltant le "mal" contre le mensonge social, en jouant de l'artifice, du déguisement, de l'illusion, bref, du théâtre, pour dénoncer le prétendu "naturel" de ce mensonge. "Ainsi, dans Les Bonnes, explique Lorent Wanson, deux soeurs, Solange et Claire, jouent et rejouent le rituel de ce qui les insulte pour l'expulser ou en revivre à l'envi les violences accumulées. Histoire de gonfler la haine ou de préparer à accomplir le "crime" symbolique de celle qui représente le mieux l'horreur de leur condition : Madame. Mais ont-elles les armes quand, même absente c’est Madame qui possède les robes et détermine les codes du jeu ? Immanquablement cette arme ­ le théâtre ­ se retournera contre les "actrices" de cette représentation. Et pourtant, là est la contradiction, cette catharsis est indispensable à la condition des bonnes". Créé en 1947 par Louis Jouvet, ce huis-clos féminin a été joué de toutes les façons, exposé à toutes les interprétations, poétique, psychanalytique ou sociopolitique, même si, ironisait Genet, "il ne s'agit pas d'un plaidoyer sur le sort des domestiques". "Notre envie, déclare pour sa part Loent
Wanson, est de monter la pièce dans sa brutalité, et dans ce qu'elle interroge de notre temps. En apparence les bonnes ont disparu de notre imaginaire. Mais cette notion s'est étendue à l'ensemble d'une société apeurée. Ne sommes-nous pas tous des bonnes ?", conscients d'être dominés, capables d'en représenter l'oppression, autorisés à le faire sans pouvoir rien changer dans les faits. Après Sainte-Jeanne des abattoirs de Brecht, Faut pas payer ! De Dario Fo, En attendant Godot de Beckett, Lorent Wanson
choisit à nouveau un texte fort, très fort, pour nous le dire à sa manière,  agitatrice et généreuse.

En tournée

Lettre de Belgique d'après la correspondance d’auteurs belges
et français des 19ème et 20ème siècles : Paul Claudel, Gérard de Nerval, Alexandre Dumas, James Ensor, Charles Faider, Théophile Gautier, Albert Giraud, Victor Hugo, Maurice Maeterlinck, Octave Mirbeau, Edmond Picard, Henri Pirenne, Elisée Reclus, Georges Rodenbach, Hippolyte Taine, Jules Valles, Paul Verlaine, J. Wiertz.
Conception et mise en scène  Pierre Diependaële
Costumes : Colette Huchard, Lachkena Tourn
Avec : Jean-Pierre Baudson, Rémi Brenière, Alfredo Cañavate, Laure Pointeau.

Titre vert pomme sur couverture bleu nuit, l’édition est récente, la brochure souple, le format de poche et le papier bible. Tout est parti de ce petit bouquin rare et bon marché, déniché à la caisse d’un libraire ou acheté en gare à la hâte et jeté dans le sac avant le départ du train. Un précieux compagnon de voyage ! Tout est parti de la lecture de ce recueil de lettres, expédiées toutes depuis la Belgique et ne traitant que de la Belgique, elle qui vient tout juste dans les journées de 1830 de proclamer son indépendance aux accents d’un air d’opéra. Ici, la Belgique. L’ouvrage et le spectacle, qu’il inspire, se tiennent bien éloignés des poncifs obligés de la compilation et de l’anthologie, trop fréquent fatras d’idées toutes faites, de clichés, bêtises et autres blagues. Ici, page à page, ligne à ligne et parole sur parole, on découvre avec surprise et délectation un choix insolite d’intelligence et de provocation. Un regard porté par delà le XIXe siècle et jusqu’à nos jours, dérangeant, décapant. Comment a-t-on écrit la Belgique hier ? Et comment l’écrit-on aujourd’hui ? Il ne s’agit jamais, en étant de passage chez l’autre, le voisin, en parlant de l’autre, que de se déclarer soi-même et d’avancer masqué sous la griffe de la plume, la grimace des mots. Toute jeune Belgique, si lourdement chargée de traditions d’arts - art de peindre, art d’extraire, de bâtir, d’exploiter, d’échanger et de cultiver, art de vivre - si dangereusement proche et déroutante pour ces écrivains de langue française, tous champions du bien écrire d’alors : Michelet, Gautier, Hugo, Nerval, Dumas, Huysmans, Vallès, Mallarmé, Mirbeau. Tour à tour, pour chacun d’eux, partir en voyage à Bruxelles, Liège, Namur, Mons, Gand, Bruges, Anvers, Ostende, c’était littéralement se dérouter, sortir des routes. A partir de leurs itinéraires, on interroge aussi le devenir de ces regards portés, et le présent de ce pays singulier.

En tournée

Confidences africaines de Roger Martin Du Gard
Mise en scène et adaptation : Jean-Claude Berutti
Costumes : Colette Huchard - Avec : Jean-Claude Berutti et Christian Crahay

Nuit. Pont de paquebot. Un homme se confie, l’autre l’écoute.
Celui qui écoute, c’est Roger Martin du Gard, celui qui se confie est un inconnu, italien, libraire, vivant dans une métropole d’Afrique du Nord. Rencontre au sommet de deux cultures (la française et la méditerranéenne) à travers le récit impudique d’une aventure interdite entre Amalia et Leandro, amants incestueux.

“Mon cher ami,
Vous me demandez, avec une flatteuse insistance, “quelque chose” pour votre revue. J’allais vous répondre, encore une fois, que tout ce que j’ai à dire passe automatiquement dans mes Thibault, lorsque l’idée m’est venue d’extraire pour vous quelques feuillets d’un ancien carnet de voyage. C’est une conversation, une confidence plutôt, recueillie naguère sur un paquebot qui me ramenait d’Afrique. Ces propos, je les ai notés tels quels, sans aucun souci de littérature ; et peut-être ne retrouverez-vous pas l’intérêt que j’ai pris à les entendre. Je me demande surtout si vous jugerez convenable d’offrir à vos lecteurs un récit de nature à scandaliser certaines gens. Quoi qu’il advienne de ces pages, je vous aurai donné preuve de mon bon vouloir...”
Roger Martin Du Gard.


2002


6>26/9
sous chapiteau

Le Dragon  de Evguéni Schwartz  
Mise en scène d'Axel De Booseré. Une reprise très attendue.
Coproduction Théâtre National de la Communauté Wallonie Bruxelles et Cie Arsenic.

Il est de retour, et toujours sous chapiteau, Le Dragon qui avait enflammé nos soirées en septembre dernier ! Dans l'extraordinaire dispositif de la compagnie Arsenic, venez, revenez donc écouter sa fable fantastique. Écrite en 1943 par un auteur soviétique, elle est plus que jamais d'actualité dans notre monde où la démocratie peine à se maintenir. Que peut en effet un homme seul, même s'il est héros professionnel comme Lancelot, contre un monstre à trois têtes qui tyrannise toute une cité ? Des armes magiques et l'amour de la belle Elsa n'y suffiront pas. Et si c'était à nous d'être les héros ?
Entre effroi, émotion et drôlerie, voilà un spectacle qui crache le feu ! Et pas seulement pour nous éblouir mais aussi pour nous faire réfléchir, nous pousser à agir. Un moment de théâtre populaire pour tous, à partager sans tarder...


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17>28/9

We'll shake Troïlus et Cressida  de William Shakespeare  
Mise en scène de Pierre Diependaële (accueil)
Avec Pierre Diependaële, Xavier Boulanger, Rémi Brenière, Bénédicte Simon. Production Théâtre du Marché aux Grains.

Un Shakespeare coup de coeur !

Troïlus et Cressida, c'est Roméo et Juliette dans la guerre de Troie, ou dans celle des Balkans, ou du Moyen-Orient. La guerre s'enlise, les héros sont fatigués, la population résignée, les morts innombrables et dans ce paysage désastreux de jeunes amoureux trahissent serments et promesses.  Avec ce pamphlet satirique sur la guerre qui corrompt l'amour, la loyauté, le courage et les anéantit sur le "théâtre des opérations", Shakespeare mérite plus que jamais son surnom de "shake-scene" (secoueur de scène) !
Pierre Diependaële a lui aussi secoué la pièce, l'a réduite, retraduite et déversée sur le plateau en un chargement d'énergie brute, débordant de pulsions et de pensées. Le résultat est un spectacle hallucinant, un chantier à coeur ouvert, avec acteurs, marionnettes, masques, vidéo, objets divers, sang et terre. Un accueil à ne pas manquer !


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22/10
> 16/11

La Punaise  de Vladimir Maïakovski  
Mise en scène de Philippe van Kessel  
Avec : Jean-Pierre Baudson, Delphine Bibet, Alfredo Cañavate, 
Pascal Crochet, Toni d'Antonio, Patrick Donnay, Nicole Oliver,
Delphine Roy, Philippe Vauchel...
                       
La création-maison du cycle russe.

Poète magistral, satiriste féroce, écrivain charismatique de l'avant-garde russe et militant plus qu'engagé, tel est Maïakovski, né en 1893 et suicidé en 1930 à Moscou après avoir livré quelques oeuvres fondatrices pour le théâtre du XXe siècle, toutes créées par son compagnon d'art et d'armes, Meyerhold : Mystère-Bouffe, Les Bains et. La Punaise. 
Dans cette comédie futuriste, burlesque et cinglante, Maïakovski dénonce les petits-bourgeois profiteurs de la révolution tout en s'interrogeant sur les effets du communisme...
Grand amateur de textes explosifs et originaux du répertoire étranger, Philippe van Kessel se devait d'inscrire dans le cycle russe du Théâtre National l'histoire de l'ouvrier Prissipkine, qui trahit sa classe et se marie pour de l'argent avant de se retrouver congelé le jour de ses noces, avec une punaise dans le cou, pour ressusciter 50 ans plus tard, dans un paradis "rouge" étrangement aseptisé !


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19>23/11

Conversation en Wallonie  de Jean Louvet  (accueil)
Mise en scène d'Armand Delcampe  
Avec : Jacques De Bock, Jean-Claude Derudder, Jo Deseure, Stéphane Excoffier, Frédéric Hérion, Jean Koerver, Sylvie Landuyt, Marie-Line Lefebvre, Pascale Massaer, Bruno Mullenaerts, Jean-Marie Pétiniot, David Pion, Grégory Praet, Célia Torrens
Coproduction Atelier Théâtre Jean Vilar, Festival de Spa et Le Manège (Mons) 

Un texte majeur de notre théâtre en reprise à Bruxelles.

C'est l'histoire d'un ouvrier qui veut faire de son fils "quelqu'un" qui ne descendra jamais dans la mine mais s'élèvera au contraire dans l'échelle intellectuelle et sociale. Le petit Jonathan deviendra effectivement professeur, et militant de gauche, mais il paiera son ascension par l'oubli de son père. Déraciné, il ne pourra plus que convoquer le fantôme de ce père pour retrouver l'être humain qu'il était et se réconcilier avec lui.
Ce chef-d'oeuvre de Jean Louvet, écrit en 1977, n'a pas pris une ride. Ancré dans la Wallonie chère à l'auteur, largement autobiographique, il n'en touche pas moins l'universel par les questions qu'il décline : celle des origines, de la transmission, de la solidarité, de l'accès au savoir, du droit au bonheur.
Dans la création qu'Armand Delcampe en a donnée la saison dernière, cet universel est atteint, sonne juste, touche au cour. Accueillir à Bruxelles cette "conversation" poétique et politique, vibrante d'humanité et unanimement saluée, s'imposait.


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3>21/12




Les Belges  de Jean-Marie Piemme et Paul Pourveur  
par Dito/Dito & Transquinquennal (création)
Avec : Bernard Breuse, Miguel Decleire, Guy Dermul, Nedjma Hadj, Stéphane Olivier, Pierre Saertenaer, Willy Thomas, Mieke Verdin
Coproduction Théâtre National, Dito'Dito, Transquinquennal et Kaaitheater.

Que se passe-t-il quand deux écrivains des deux langues parmi les plus usitées du pays se partagent la même plume et accouchent d'un texte commun ?
Et quand les marraines de leur bébé hybride ne sont autres que les compagnies Dito'Dito et Transquinquennal (D'DT), connues pour d'autres melting-pot tels Ah oui ça alors là ou Enfin bref, joués en français et en flamand? Cela donne Les Belges (titre provisoire), une pièce qui raconte les turbulences et les transformations d'une baraque de boxe qu'il est permis d'assimiler à la Belgique. Ni chronique sociologique ni récit historique, cette joyeuse métaphore ressemble plutôt à un feuilleton haut en épisodes, personnages et rebondissements. Car dans cette histoire (et dans ce pays), rien ne va jamais de soi sauf cette évidence : il faut que ça tienne ensemble et que ça continue. Toute ressemblance avec des personnes ou des faits ayant réellement existé ne relève donc pas de la pure coïncidence !


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  Noël au théâtre 2002





>>> Programme complet 
  Au Théâtre National/Palace :
- Rats (26-27/12)
- Et pourtant elle tourne ! (28/12)
- Les étoiles protègent aussi les lapins (29-30/12)
- La nuit des chimères (3-4/1)

Jeudi 26 décembre
14h00
Vendredi 27 décembre
14h00 et 18h00

Rats - A partir de 8 ans - La Lynx Compagnie  
Il vient toujours un moment où les petits rats éprouvent la faim et la soif d'aventures et de connaissances. Ils sont alors irrésistiblement attirés par l'inconnu. A cet instant, personne et surtout pas un vieux rat accroché à la sécurité de ses certitudes ne peut les empêcher d'aller courir sur le chemin d'un ailleurs mystérieux.

Photo : Kurt Van der elst

Auteur Alain DE NECK - Mise en scène Thierry HELLIN
Scénographie Christine FLASSCHOEN - Assistée de Céline ROBASZYNSKI
Décor Christine FLASSCHOEN - Construction du décor Guy CARBONNELLE  - Roland JUNCKER - Costumes Christine FLASSCHOEN
Eclairages/Régie  Christian HALKIN 
Distribution Alain DE NECK - Perrine LEDENT


Samedi 28 décembre 2002  19h00 Et pourtant elle tourne ! - Dès 9 ans - Théâtre de la Guimbarde       
On fête le 450ème anniversaire de la femme la plus vieille du monde.  Elle est née en Pologne et sa mère était servante de Copernic. celui qui savait (du moins en partie). mais dont les textes sont parus (prudence ? ) après sa mort. Personne du type "Picaro", elle voyagera à travers l'Europe et rencontrera Giordano Bruno (qui savait. qui le disait . qui l'affirmait. et qui termina sur le bûcher) et Galilée (qui savait. qui le disait. se rétracta.). La vieille femme a voulu vivre jusqu'à ce que l'église reconnaisse la théorie copernicienne. Ce fût fait en 1996. Elle aurait alors pu mourir en paix. Mais au cours de sa longue attente, elle a rencontré Darwin, Freud, Hawking. alors, elle doit continuer à vivre.
Et pourtant elle tourne
Photo: Danièle Pierre
Auteur Michel VAN LOO - Patrick DONNAY
Mise en scène Patrick DONNAY
Assistant à la mise en scène Laurence ADAM
Scénographie Anne GUILLERAY - Décor sonore Daniel DEJEAN
Costumes Françoise VAN THIENEN
Distribution Isabelle COLASSIN -Giuseppe LONOBILE - Brigitte MARIAULLE -
Pierre POUCET - Jean-Michel VAN DENEERDE  - Frédéric HOUTTEMAN

Dimanche 29 décembre
17h00
Lundi 30 décembre 17h00
Les étoiles protègent aussi les lapins - Dès 6 ans - Cie Orange Sanguine
- Moi je m'appelle Hans, je suis un lapin en peluche.
- Moi je m'appelle Titane. Je suis une fille.  Je ne suis pas une peluche.
- Dans l'usine où je suis né, les autres lapins m'ont dit : "Si tu veux être acheté, il faut sourire, tout le temps !"
- Dans le magasin de jouets, le jour de mon anniversaire, j'ai dit à maman : "Je veux ce lapin là !"
Photo : Maria Menendez
Auteur(s) d'après une idée de Jeannine GRETLER - Valériane DE MAERTELEIRE - Mise en scène Joseph CLARK
Assistant à la mise en scène Oliver RICKENBACHER
Musiques enregistrées Serge HAMERS - Fedra COPPENS - Benjamin VAN THIEL - Composition des chansons  Muriel DE LODI
Scénographie Jean-François LIETAERT - Karim BECHIR
Eclairages Benjamin VAN THIEL - Costumes Clothilde COPPIETERS
Régie Benjamin VAN THIEL
Distribution Jeannine GRETLER - Valériane DE MAERTELEIRE
2003


03/01/03
   19 h 30
04/01/03
15 h 00 et 19 h 30
La nuit des chimères - De 8 à 16 ans - Compagnie de la Casquette. A partir de 8 ans.  
Photo Danièle Pierre 
Une nuit, près d'une fontaine, un vieil homme parle. Il nous parle. Il évoque des âges oubliés, des genèses sans doute inconnues. Puis, quand il regarde dans l'eau noire, juste éclairée par les astres, viennent à lui des créatures étranges à la fois humaines et animales. Elles ont pour nom Centaure, Sirène, Sphinx, Pan, Minotaure et Méduse. Chacune lui dévoilera une part d'elle-même, blessure secrète ou désir caché. Par ces rencontres énigmatiques, il va tenter d'éclairer la fin de sa route et de trouver une réponse à l'ultime question. Enfin il osera interroger le dieu lui-même, qui peut-être le renverra à son image, reflétée par l'eau de la fontaine Caslalie juste troublée par les siècles.  Avec Luc DEVREESE - Catherine LAZARD - Guiseppina MAMMONE - Jean-Luc PIRAUX 

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14/1>1/2
 Petite Salle

Construire un feu  de Jack London  
Mise en scène de Dominique Roodthooft  


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4>9/2

Le Voyage de Monsieur Perrichon  d'Eugène Labiche  
Mise en scène de Laurent Pelly  (accueil)
Production Centre Dramatique National des Alpes
Labiche de passage à Bruxelles : du grand spectacle.

"Jamais je ne me suis mouché si haut !" s'extasie le bourgeois Perrichon arrivant sur le Mont-Blanc en famille. Une fois de plus, Eugène Labiche s'est bien amusé à croquer le rentier craintif, vantard et naïf en vacances.
Mr Perrichon à la montagne, c'est Mr Prudhomme au carré ! Et entre les mains de Laurent Pelly, le "cauchemar gai" du vaudeville devient un vrai bonheur. Chaque création de ce brillant metteur en scène (actuellement directeur du Centre Dramatique National des Alpes) est une respiration extraordinairement inventive et pétillante. Oeuvrant tant au théâtre qu'à l'opéra, aussi à l'aise avec Copi qu'avec Strindberg, Shakespeare ou Vian, il entame à présent l'ascension de ce sommet labichien avec rien moins que Bruno Raffaelli, sociétaire de la Comédie Française, en Perrichon. Bol d'air et de plaisir assuré !


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12/2>1/3


 

Les Deux trouvailles de Gallus  de Victor Hugo  
Mise en scène de Jean-Marie Villégier  (Création)
Avec : Jean-Pierre Baudson, Sandrine Bonjean, Christian Crahay, Candy Saulnier, Jean-Marie Villégier...
Collaboration Théâtre National de la Communauté Wallonie Bruxelles, Compagnie Jean-Marie Villégier et Festival d'Évreux.

>>> CONCOURS

Le bicentenaire de la naissance de Victor Hugo est l'occasion de replonger dans un répertoire théâtral formidable mais peu monté parce que peu commode, avec ses mélanges romantiques de lyrisme et d'humour, de drame et de farce, de tirades et de pochades ? Il fallait donc confier l'affaire à un expert : Jean-Marie Villégier, par exemple, qui nous fit ré-explorer Corneille avec éblouissement. Il venait de découvrir un chef-d'oeuvre caché de Hugo, composé bien longtemps après Hernani et Ruy Blas, qui relate deux aventures de Gallus, un prince allemand du XVIIIe siècle, vieux libertin en quête de chair fraîche et d'innocence à troubler. Derrière l'anecdote comico-tragique, voici une méditation puissante et douloureuse sur le pouvoir, la vieillesse, la débauche et l'amour. Nul doute que l'art de Villégier la portera à l'incandescence, avec la complicité d'acteurs français et belges.


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11>29/3

Les Bonnes  de Jean Genet  - Création à Bruxelles
Mise en scène de Lorent Wanson  
Avec : Mireille Bailly, Delphine Bibet, Magali Pinglaut 

Après En attendant Godot, réalisé en collaboration étroite avec le Centre Dramatique du Hainuyer, Lorent Wanson poursuit dans le même cadre son exploration des oeuvres-phares et -chocs du théâtre du XXe siècle. Ce qui l'intéresse chez Samuel Beckett ou son contemporain Jean Genet ? Non pas la lecture à en faire, mais la puissance à en activer. Puissance de rébellion, qu'il entend saisir au présent pour nous alerter sur notre aliénation. Genet en savait quelque chose, lui qui, sorti de l'Assistance publique, choisit de refuser le monde qui l'avait refusé en exaltant le "mal" contre le mensonge social, en jouant de l'artifice, du déguisement, de l'illusion, bref, du théâtre, pour dénoncer le prétendu "naturel" de ce mensonge. "Ainsi, dans Les Bonnes, explique Lorent Wanson, deux soeurs, Solange et Claire, jouent et rejouent le rituel de ce qui les insulte pour l'expulser ou en revivre à l'envi les violences accumulées. Histoire de gonfler la haine ou de préparer à accomplir le "crime" symbolique de celle qui représente le mieux l'horreur de leur condition : Madame. Mais ont-elles les armes quand, même absente c’est Madame qui possède les robes et détermine les codes du jeu ? Immanquablement cette arme ­ le théâtre ­ se retournera contre les "actrices" de cette représentation. Et pourtant, là est la contradiction, cette catharsis est indispensable à la condition des bonnes". Créé en 1947 par Louis Jouvet, ce huis-clos féminin a été joué de toutes les façons, exposé à toutes les interprétations, poétique, psychanalytique ou sociopolitique, même si, ironisait Genet, "il ne s'agit pas d'un plaidoyer sur le sort des domestiques". "Notre envie, déclare pour sa part Loent Wanson, est de monter la pièce dans sa brutalité, et dans ce qu'elle interroge de notre temps. En apparence les bonnes ont disparu de notre imaginaire. Mais cette notion s'est étendue à l'ensemble d'une société apeurée. Ne sommes-nous pas tous des bonnes ?", conscients d'être dominés, capables d'en représenter l'oppression, autorisés à le faire sans pouvoir rien changer dans les faits. Après Sainte-Jeanne des abattoirs de Brecht, Faut pas payer ! De Dario Fo, En attendant Godot de Beckett, Lorent Wanson choisit à nouveau un texte fort, très fort, pour nous le dire à sa manière,  agitatrice et généreuse.

6>24/5

Il ne faut jurer de rien  d'Alfred de Musset  
Mise en scène de Mathias Simons - Atelier Jeune Théâtre National V.   Avec : Estelle Franco, Alberto Martinez Guinaldo, Eléonore Meeus, Christian Tamburrini, Thomas Wallet

Le spectacle du cinquième Atelier Jeune Théâtre National arrive à Bruxelles ! Après un an de succès en tournée, la nouvelle équipe de jeunes comédiens dirigée par Mathias Simons s'apprête à brûler les planches du Palace. Le metteur en scène des inoubliables Fourberies de Scapin a choisi un autre bijou du répertoire pour inaugurer l'aventure : la délicate et rebondissante comédie-proverbe Il ne faut jurer de rien de Musset. Où l'on voit Valentin, jeune dandy libertin, prendre une fausse identité pour séduire la jolie Cécile de Mantes qu'on veut lui faire épouser, afin de prouver à son oncle l'inanité du mariage. Voilà une "épreuve" dans le droit fil de Marivaux !  Musset y ajoute son génie propre, fait d'intelligence sociale, d'authentique poésie et de puissance comique. Un régal pour les acteurs et pour les spectateurs, en point d'orgue à notre saison.


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18>20/6

Imonlé  de Ousmane Aledji 
par la Cie Théâtre Agbo-Nkoko (Bénin). 
Première en Belgique avec le soutien d'Africalia, en partenariat avec le Théâtre National.
«Dire le monde, refuser la peur»

Dans le cadre d'Africalia :
Festival de Théâtre Africain - Fitha >>> plus d'infos


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En tournée

Le Théâtre National en tournée en Belgique et à l'étranger :


24/2>3/5
Création
hors les murs

Eva Perón  de Copi - Création en décentralisation.
Mise en scène de Nathalie Mauger - Atelier Jeune Théâtre National VI.  Avec : Estelle Franco, Alberto Martinez Guinaldo, Eléonore Meeus, Christian Tamburrini, ...

On l'appelait Santa Evita. Épouse du président argentin Juan Perón dans les années 1940, la jeune actrice Eva Duarte était devenue, grâce à son image glamour entre madone et star, ses discours affectifs et ses médiatiques actions de charité, la "passionaria des pauvres". Morte d'un cancer à 32 ans, il n'en fallait pas plus pour que le peuple veuille la canoniser - ignorant les accointances du régime péroniste avec Mussolini, l'hospitalité qu'il offrait aux anciens nazis et ses comptes en Suisse bien remplis.  Incroyable, non ?
C'est bien ce que pensait Copi, cet original exilé d'Argentine à Paris, insolent dessinateur de "la dame assise" pour le Nouvel Observateur et fou de théâtre. En 1969, il écrit donc une farce sur l'agonie d'Eva Perón entourée de sa mère, de son mari, d'un ministre et d'une infirmière. Délire et dérision battent leur plein dans ce huis clos vaudevillesque où tombent les masques - comme autant de pieds de nez joyeux à l'imposture du pouvoir, à la mystification des apparences, au culte de la personnalité. Tiens, tiens, comme tout cela reste d'actualité ! Ne pensons qu'à l'effet Lady Di, au succès de Star Academy ou, dans un registre plus grave, aux sirènes de Le Pen...
Après Musset, voici les comédiens de l'Atelier Jeune Théâtre National embarqués dans cette satire brûlante, brillante, baroque, et pleinement théâtrale, avec paillettes et tango !

Libramont - Centre Culturel (2 représentations) - 24 et 25 février
Flémalle - Foyer Culturel (1 représentation) - le 27 février 2003.
Jupille - Foyer Culturel (1 représentation) - le 12 mars 2003.
Sambreville - Centre Culturel (1 représentation) - le 13 mars 2003
(sous réserve).
Colfontaine - Foyer Culturel (2 représentations) - le 21 mars 2003.
Ath - Maison Culturelle (3 représentations) - les 25, 26 et 27 mars 2003.
Binche - Théâtre Municipal (1 représentation) - le 29 mars 2003.
Visé - Centre Culturel (3 représentations) - le 3 et 4 avril 2003.
Tournai - Maison de la Culture (3 représentations) - les 28, 29 et 30 avril 2003.
Colombes (Fr.) - Théâtre de Colombes (3 représentations) - (dates à préciser).
Eghezée - asbl Ecrin / Centre Culturel (1 représentation) - le 3
mai 2003.


Il ne faut jurer de rien  d'Alfred de Musset  
Mise en scène de Mathias Simons  
Montreuil s/Mer - Festival Les Malins Plaisirs (5
représentations) - les 11,15,17,21 et 24 août 2002.
Neufchâteau - Syndicat d'Initiative (1 représentation) - le 4 octobre 2002.
Lyon - Théâtre de la Croix-Rousse (5 représentations) - du 8 au 12 octobre 2002.
Ottignies - Centre Culturel d'Otignies (1 représentation) - le 17 octobre 2002.
Sprimont - Foyer Culturel (1 représentation) - le 19 octobre 2002.
Waterloo - Espace Bernier (1 représentation) - le 25 octobre 2002.
Rochefort - Centre Culturel des Roches (2 représentations) - le 8 novembre 2002.
La Louvière - Centre Culturel du Centre (2 représentations) - les 12 et 13 novembre 2002.
Barvaux - Foyer Culturel (1 représentation) - le 15 novembre 2002.


Le Dragon  de Evguéni Schwartz  
Mise en scène d'Axel De Booseré  
Spa - Festival (5 représentations) - du 13 au 17 août 2002.
Tournai - Maison de la Culture (6 représentations) - du 14 au 19 octobre 2002.
Namur - Théâtre de Namur (16 représentations) - du 17 décembre 2002 au 11 janvier 2003.
Ottignies - Centre Culturel (4 représentations) - du 7 au 10 mai 2003.
Arlon - Maison de la Culture (3 représentations) - les 15,16 et 17 mai 2003.
Arras - Théâtre d'Arras (3 représentations) - les 3,4 et 5 juin 2003.


En attendant Godot  de Samuel Beckett  
Mise en scène de Lorent Wanson  
Avec : Cyril Briant, Frédéric Hérion, Grégory Praet, Renaud Riga, Calo Valenti

Non, ce n'est pas une pièce sur l'ennui, c'est une pièce contre l'ennui. Et une main tendue à la difficulté de vivre. Voilà comment Lorent Wanson considère Godot, ce monument théâtral de l'absurde. Voilà pourquoi il transforme l'éternelle attente de Vladimir et Estragon, vieux frères-clochards, en énergie survoltée de gamins résistant au "rien à faire". À rebrousse-poil des mises en scènes usuelles, c'était un pari en hommage à la jeunesse d'aujourd'hui, démunie devant un monde fermé. Ce pari, Lorent Wanson et ses acteurs l'ont réussi avec intelligence et grâce, et c'est une fête de les inviter à le rejouer.

Montréal - Théâtre Denise-Pelletier (24 représentations) - du 25 septembre au 23 octobre 2002.

La Punaise de Vladimir Maïakovski  
Mise en scène de Philippe van Kessel  
Liège - Théâtre de la Place (5 représentations) - du 19 au 23 novembre 2002.
Evry - Théâtre de l'Agora (3 représentations) - les 21, 22 et 23 novembre 2002.
Cahors - Théâtre de Cahors (1 représentation) - le 26 novembre.
Ath - Maison Culturelle (2 représentations) - les 2 et 3 décembre.

Les Bonnes de Jean Genet  
Mise en scène de Lorent Wanson  

Les Deux trouvailles de Gallus  de Victor Hugo  
Mise en scène de Jean-Marie Villégier  

Les Belges  de Jean-Marie Piemme et Paul Pourveur  
par Dito/Dito & Transquinquennal

Gorki-Tchekhov - Adaptation : Evelyne Loew  
Mise en scène d'Alfredo Cañavate  


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 SAISON 2003_2004


2003
septembre

30 septembre
au 18 octobre 2003
sauf lundi 6/10, dimanche 12/10 et lundi 13/10
Palace, Grande salle

Concours : 10 x 2 places pour le 17/10


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du 14 au 25 octobre 2003 - sauf lundi 20/10
 Halles de Schaerbeek


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4 au 22 novembre 2003
sauf dimanche 09, lundi 10, mardi 11 et lundi 17/11
Palace, Grande salle


>>>
Avantage :
2 places pour
le prix d'1


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26 novembre au 6 décembre 2003
sauf lundi 1/12
Palace, Grande salle


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9 au 14 décembre 2003
Palace, Grande salle


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12 au 21 décembre 2003
Palace, Petite salle


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2004

15 au 31 janvier 2004
sauf lundi 19, dimanche 25 et lundi 26/01
Palace, Grande salle


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27 janvier au 21 février 2004
sauf dimanche 01/02, lundi 02/02, lundi 09/02 et lundi 16/02
Palace, Petite salle


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2 au 20 mars 2004
Palace, Grande salle
sauf dimanche 07, lundi 08 et lundi 15/03


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23 au 31 mars 2004
sauf lundi 29/03
Palace, Grande salle

top
21 avril
au 8 mai 2004
sauf lundi 26/04, dimanche 02/05 et lundi 03/05
Palace, Grande salle

top
23 avril au
15 mai 2004
sauf dimanche 25/04, lundi 26/04, dimanche 02/05, lundi 03/05 et lundi 10/05
Palace, Petite salle

Il manque des chaises (2>19/3) : AVANTAGE  

2004

19>30/10
20.30
sauf les mercredis à 19h30
et le dimanche à 15h00
relâche le lundi 25 octobre 2004
  
Sous chapiteau
 Quai aux Briques


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FESTIVAL D'OUVERTURE :
19>21/11
à 20h15 sauf les mercredis à 19h30
et le dimanche à 15h00

top
21>27/11
le 21 novembre 2004 à 18h30
les 22 et 25 novembre 2004 à 19h00
et le 27 novembre 2004 à 20h30


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22>26/11

top
26>28/11
à 20h15 sauf les mercredis à 19h30
et les dimanches à 15h00
relâche les 17 et 24 janvier 2005

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30/11>5/12
à 20h15
sauf le mercredi à 19h30
et le dimanche à 15h00

top
1>6/12
à 20h30
sauf le mercredi à 19h30
et le dimanche à 15h00

top
9>18/12
à 20h15 sauf les mercredis à 19h30
et le dimanche à 15h00
relâche le lundi 13 décembre 2004

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14>31/12
à 20h30
sauf les mercredis à 19h30
et le dimanche à 15h00
relâche les 20, 25, 26 et 27 décembre 2004

top
26>30/12
2005

Léonce & Léna (12>30/4)  1 + 1gratuit 

2005
12>28/1
à 20h15 sauf les mercredis à 19h30
et les dimanches à 15h00
relâche les 17 et 24 janvier 2005


>>> AVANTAGE


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17>23/2
à 20h15
sauf le mercredi à 19h30
et le dimanche à 15h00
relâche le 21 février 2005

top
2>19/3
à 20h30
sauf les mercredis à 19h30
et le dimanche à 15h00
relâche les 7, 13 et 14 mars 2005


Il manque des chaises (2>19/3) : AVANTAGE 


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9>13/3

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12 au 30 avril 2005 à 20h30
sauf les mercredis à 19h30
et le dimanche à 15h00
relâche les 18, 24 et 25 avril 2005

 

AVANTAGE :
1 place + 1 gratuite
>>> PLUS D'INFO


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21>24/4
à 20h30
sauf le dimanche à 15h00

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>>>
Tarif préférentiel


2005

26/9>4/11

18>29/10
8>12/11 au KVS
15>19/11
7>9/12
14-15/12
27>31/12
24>28/1
27/1>11/2
2>25/2
grande salle
10>25/2
28/2>4/3
14/3>1/4
28/3>9/4
26>29/4
10>13/5

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1210 Bruxelles
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