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Annoncé comme « work in progress », ce
projet Brecht a connu quinze rencontres
passionnantes avec le public en mai 2005. La
nouvelle version, tout à fait remodelée et
enrichie, et prend la forme d'un théâtre-cabaret
où vous pourrez savourer textes et chansons de
Brecht, en français et en allemand, avec la présence
exceptionnelle de Nino
Sandow, musicien et chanteur du Berliner
Ensemble, le théâtre fondé part Bertolt Brecht
lui-même.
Le voyage vers Brecht se poursuit et épouse donc
la dynamique du cabaret : on y retrouve l'écrivain
dans toutes ses dimensions : politique, bien sûr,
mais aussi poétique, humoristique et érotique.
Conception : Claudia Gäbler & Herbert Rolland
/ Avec : Christian Crahay, Claudia Gäbler,
Jean-François Politzer, Anik Rolland, Herbert
Rolland, Nino Sandow, Isabelle Wéry / Conception
musicale : Nino Sandow / Mise en scène : Herbert
Rolland assisté de Maud Finné / Régie : Pascal
Simon & Bruno Smit Dans
l'art, les êtres humains jouissent de la vie.
Le plaisir fortifie la volonté de vie.
B. Brecht
« Tout est
mouvement » est un parcours au coeur des récits,
réflexions, textes et chansons de B. Brecht, un
spectacle qui revêt l'apparence d'un voyage à
l'intérieur d'un lieu dont les possibles sont
sans cesse questionnés par des acteurs en proie
à une même question : que peut encore nous dire
Brecht aujourd'hui ?
Quand on demanda à Monsieur K. quel animal il
estimait entre tous, il nomma l'éléphant et
justifia cela ainsi : l'éléphant allie la ruse
à la force. Il ne s'agit pas de cette pauvre ruse
qui suffit pour échapper à une poursuite ou se
procurer de quoi manger sans se faire remarquer,
mais de la ruse qui met la force à disposition
pour de grandes entreprises. Il est bon ami comme
il est bon ennemi. Très grand et lourd, il est
cependant aussi très rapide.
Sa trompe amène à son énorme corps même les
plus petites nourritures. Ses oreilles sont
mobiles : il n'entend que ce qui lui convient. Il
vit aussi très vieux. Il est également sociable,
et pas seulement avec ses semblables. Il est
partout aimé autant que craint. Un certain côté
comique fait qu'il peut même être vénéré. Il
a une peau épaisse, les couteaux s'y brisent ;
mais son cour est tendre. Il peut devenir triste.
Il peut se mettre en colère. Il aime danser. Il
meurt au plus épais du bois. Il aime les enfants
et d'autres petits animaux. Il est gris et
n'attire l'attention que par sa masse. Il n'est
pas comestible. Il est capable de bien travailler.
Il aime boire et devient gai. Il fait quelque
chose pour l'art : il fournit l'ivoire. «
Histoires de Monsieur Keuner », Bertolt Brecht
En 1955, à New-York, dans un petit théâtre «
off Broadway » à peine plus grand que le Théâtre
de la Vie, est présenté L'Opéra de Quat'sous de
Bertolt Brecht. Parmi les spectateurs, se trouve
un homme qui ignore encore combien cette soirée
influencera son parcours théâtral. C'est
l'histoire d'un choc : entre Herbert Rolland et
l'oeuvre de Brecht.
50 ans plus tard, cet homme de théâtre qui n'a
cessé de faire de Brecht la base de toute sa réflexion
scénique et philosophique, décide de rassembler
sept praticiens du théâtre, belges et allemands,
autour de la question : « Que peut encore nous
dire Brecht aujourd'hui ? »
Tout est mouvement n'est pas une mise en scène
d'une pièce de Brecht mais se veut plutôt une
approche du grand homme et de sa réflexion
portant sur le rapport entre l'acte théâtral et
le monde social. On y retrouve l'écrivain dans
toutes ses dimensions : politique, bien sûr, mais
aussi poétique, humoristique et érotique.
Une première « esquisse » du projet fut présentée
au printemps dernier sous la forme d'un parcours
en trois temps : sans artifice ni décor, les
acteurs prenaient possession de l'atelier théâtre
de la vie qui devenait un lieu multiple ; l'espace
investi devenait sujet à questionnement quant à
l'ensemble de ses possibilités scéniques.
Du plus spectaculaire au plus intime, chaque périple
offrait son propre registre de représentation et
permettait ainsi un rapport différent entre
acteurs et spectateurs.
Il s'agit maintenant de continuer le travail en
cours, nourri de cette première rencontre avec le
public. Le voyage vers Brecht se poursuit et
s'affirme dans un lieu unique, qui est la salle de
spectacle du théâtre, et épouse la dynamique du
cabaret. Un feu d'artifice haut en couleur et en
verbe assuré par des acteurs aux talents
multiples; tous ont la même intention : partager
avec le public la joie, le plaisir intellectuel et
sensuel qui se sont révélés lors de cette
grande traversée vers Brecht.
Ils utilisent - avec délectation - l'humour dévastateur
de celui qui a toujours affirmé le plaisir
fondamental de cet art du divertissement qu'est le
théâtre.
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