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Roland Dubillard naît à Paris en 1923.
Dès 1953, il entame sa carrière comme acteur : il est Grégoire
dans une suite de dialogues entre deux personnages, Grégoire et Amédée,
diffusés quotidiennement dans une émission radiophonique.
On les retrouvera à la scène en 1975 dans les Diablogues.
Là où un Buster Keaton utilise son corps, Dubillard crée le
burlesque dans le langage. Il s'empêtre comme à dessein dans
les mots les plus simples : le moindre d'entre eux et la phrase la
plus banale provoquent en chaîne des catastrophes de malentendus,
ouvrent des gouffres d'incompréhension et déclenchent un vertige
majeur: car il n'y va pas d'autre chose, dans cette oeuvre
apparemment bafouillante et incontrôlée, que d'une interrogation
essentielle sur l'identité. (www.theatre-contemporain.net)
L'absence, l'indifférence, le statut de l'artiste sont au centre
d'un questionnement permanent reliant entre eux chacun des
personnages - ou plutôt l'Unique personnage - de l'oeuvre
dramaturgique de Roland Dubillard.
Chaque invention de Dubillard a été choisie pour sa complémentarité
avec les trois autres.
L'ensemble aboutit à une mise en scène riche en styles de jeu différents
: à la fois dans le burlesque, le clownesque, la bouffonnerie et
l'onirisme pour faire naître, au coeur de la banalité, des
personnages uniques, attachants, maladroits, mystérieux.
Ainsi, une séance de natation se transforme en numéro clownesque,
une invitation au restaurant en dîner de bouffons. Un point commun :
l'absurdité des personnages, des situations, des dia(b)logues, qui
n'est pas sans rappeler Eugène Ionesco.
Un fil rouge permet l'intégration des trois courtes pièces à un
ensemble cohérent - Le sketch de Paulette - qui, segmenté en
plusieurs parties, vient introduire de manière récurrente
l'invention suivante.
Chaque comédien a mis en scène les deux autres dans un des quatre
Diablogues. Valérie Pilate, qui a jeté un regard global sur
l'ensemble du projet, garantit l'homogénéité du spectacle.
Cette façon de procéder permet une plus grande créativité. Selon
ses affinités avec certains styles de jeu, le comédien-metteur en
scène peut se concentrer sur le Diablogue de son choix et, avec une
grande liberté de moyens, en faire ressortir son propre « grain de
folie ».
La scène, épurée, contient le moins d'accessoires possible.
C'est un éclairage approprié à chaque invention qui détermine
l'atmosphère de la pièce et délimite l'espace.
Chaque comédien-metteur en scène a une grande liberté
d'utilisation de l'espace, de l'éclairage et du son : par exemple,
un éclairage discret mais un son en écho, un stroboscope, des entrées
et sorties côté public, etc. L'imagination est le maître mot.
Tous les sens du public sont mis en éveil !
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