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Théâtre
National/Palace,
15 au 31 janvier 2004, 20h15
sauf lundi 19, dimanche 25 et lundi 26/01 - Grande salle |
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KASIMIR
ET KAROLINE d'Ödön von Horváth
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Voici une très grande pièce, orchestrée par le metteur en scène
Michael Delaunoy avec une équipe de comédiens et de musiciens
débordant de vie, de sensibilité, de fraîcheur : la ballade du
chauffeur sans travail Kasimir, et de sa fiancée Karoline pleine
d'ambitions.
Nous sommes à Munich, à la Fête de la bière, au
début des années 30. Perdus dans cette immense foire, les deux
amoureux n'en finissent pas de se quitter, sous l'oeil de profiteurs
en tous genres, avides de sensations fortes et de chair fraîche.
jusqu'à heurter de plein fouet le miroir aux alouettes d'un monde
qui a perdu son âme.
Des 117 tableaux qui composent cette pièce est né un spectacle
sensible et superbe, dont l'amertume et la force critique ne
l'emportent jamais sur la tendresse pour une humanité démunie.
C'est peut-être là la plus belle réussite de cette création
saluée par le public et la presse il y a deux saisons, qui se
devait d'être reprise à Bruxelles.
Une soirée pleine de vitalité et de
sensibilité qui touchent autant à
l'intelligence qu'au coeur !
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L'auteur : Ödön von
Horvath
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Au début des années 30, quand il écrit
Kasimir et Karoline, Ödön von Horvath (
1901-1937) a à peine trente ans, et plus que sept
ans à vivre. Dans Berlin où il vit, tout est en
mouvement, mais un mouvement sans perspective,
sinon celle d'une vie de débrouille où chacun
espère décrocher le gros lot aux dépens des
autres.
Il appartient à une « jeunesse sans Dieu » (
titre d'un de ses plus beaux livres), héritière
de la crise économique et du traumatisme humain
provoqués par la guerre de 14, voit le danger et
le désarroi d'une société aux abois, bientôt
dévorée par la bête nommée nazisme.
Dans ces circonstances, pas le temps de faire de
la rhétorique, il faut parler juste et
vite. L'auteur jette alors Kasimir, Karoline
et quelques autres jeunes gens dans le tourbillon
de la foire d'Octobre, à Munich.
Dans le monde aveuglant de la fête foraine comme
dans le monde tout aussi aveuglant de la réalité
sociale, cette génération sacrifiée décolle ,
tourne en rond , croit toucher des étoiles puis
chute brutalement sous l'oeil goguenard des
aînés repus.
Chroniqueur lucide et acerbe de ces « sombres
temps », Horvath a beaucoup à nous dire
aujourd'hui en montrant comment l'extrême-droite
fait son lit de l'injustice sociale en
démocratie.
Mais il nous donne aussi l'énergie de contrer
cette gangrène. Il sait bien que « l'homme
ne serait pas si mauvais si la situation n'était
pas si mauvaise », et que chacun porte en soi
«un si grand désir» .
C'est ce qui jaillit sur le plateau dans la mise
en scène de Michael Delaunoy : le désir, la
vitalité, le talent d'une vaste équipe de comédiens
et musiciens qui illuminent cette « triste
ballade » et qui touchent autant à
l'intelligence qu'au coeur. Après sa création
applaudie il y a deux saisons, voici enfin ce
superbe spectacle à Bruxelles.
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Avantage :
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Réserv.: |
* 02/ 203 53 03 (du mar au sam de 11 à
18 h)
* rue des Poissonniers, 13 - 1000
Bruxelles
* par mail: location@theatrenational.be
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