- Introduction
- La création de la forteresse bruxelloise
- La démolition du système defensif
- L'emergence de la ville contemporaine
- Bruxelles au XXe siècle
- Scénographie de l'expo
- Le livre d'Astrid Lelarge
- Infos pratiques


Astrid Lelarge, commissaire 

 

- L'emergence de la ville contemporaine

La ville du XIXe siècle connut une profonde mutation due à la croissance démographique et à la modernisation des transports, phénomènes liés à la révolution industrielle. Mais l'attrait exercé par Bruxelles provenait également de sa situation géographique, la ville représentait un trait d'union entre le bassin houiller de Charleroi et le « grand entrepôt maritime » qu'était Anvers, et de son statut de capitale. Bruxelles était un centre de consommation, un foyer intellectuel et artistique.
Le pays étant politiquement stable, la question de l'aménagement des boulevards fut le sujet dès 1817, d'une étude, non retenue, de l'architecte Verly. En 1818, la régence, soucieuse d'adapter Bruxelles aux exigences de la ville contemporaine, organisa un concours pour l'aplanissement des remparts remplacés par des boulevards. Jean-Baptiste Vifquain, ingénieur en
chef du Waterstaat, remporta le concours.
Le projet serait rentabilisé par la vente de terrains à bâtir, la superficie du pentagone étant augmentée. A l'est, en bordure des édifices du pouvoir, ils étaient fastueux. À l'ouest, l'ingénieur militait pour la construction du canal pour encourager l'implantation des activités commerciales et industrielles.
Le gouvernement hollandais, qui menait une politique de travaux publics, réagit favorablement. En 1823, Jean-Baptiste Vifquain reprit l'étude pour la construction du canal de Charleroi. Ce dernier longeait le pentagone à l'extérieur jusqu'à la porte de Ninove d'où il partait vers Hal. Le 22 septembre 1832, il put être inauguré.

Les travaux de démolition de la seconde enceinte et l'aménagement des boulevards étaient arrivés à la hauteur de la porte de Hal, lorsque l'indépendance de la Belgique fut proclamée. L'enceinte disparut intégralement dans les années 1840. Le boulevard de l'entrepôt, entre la porte de Flandre et celle du Rivage, qui clôturait l'opération fut inauguré en 1851. Si la réalisation des travaux nous est peu connue, il est certain que le plan initial de l'ingénieur subit des modifications.
La morphologie des boulevards correspondait à celle de la seconde enceinte avec deux excroissances, l'une au nord-ouest et l'autre au nord-est. Les boulevards avaient de deux à quatre rangées d'arbres, une allée centrale et des voies latérales, longées par une barrière et un fossé qui fermaient la ville. De nouvelles issues facilitaient les contacts avec la périphérie.
Dans le courant du siècle, la suppression de l'octroi, le développement des transports et l'évolution de l'architecture modifieront sans cesse le site.

La question de la suppression de la barrière de l'octroi, c'est-à-dire de l'ouverture définitive de la ville, s'inscrivait dans le débat sur le mode de financement des communes dont une importante source de revenu était procuré par cet impôt, perçu aux portes. Tout au long du XIXe siècle, les autorités bruxelloises ne cessèrent pas de réclamer, pour des raisons administratives, financières, économiques et urbanistiques la réunion de la ville et de sa périphérie. L'octroi était perçu comme la cause essentielle de l'émigration vers la périphérie et comme l'obstacle principal au projet de réunion. En 1840, le gouvernement confia à Van der Straeten, inspecteur voyer des faubourgs, le soin d'élaborer un projet d'enceinte incluant la banlieue.

En 1860, le libéral Frère-Orban fit voter la suppression de l'octroi.
L'ultime témoignage physique de la séparation entre la ville et ses faubourgs pouvait disparaître, mais contrairement aux prévisions, elle n'engendra pas l'union tant espérée. La ville multiplia ses tentacules vers la périphérie ; elle s'agrandit par des annexions de parties de commune, mais la question du grand Bruxelles ne fut pas résolue.

L'évolution vers un régime politique stable, et la prospérité économique permirent l'achèvement du processus de disparition du système défensif laissant pour lointain rappel du tracé des remparts, les boulevards bordés au nord ouest de la ville par le canal de Charleroi et pour seul vestige physique la porte de Hal.

 
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