Photos © Stephan Carlens  




>> Pour en savoir plus :
Centre Culturel Jacques Franck 
94 chaussée de Waterloo 
 1060 BXL

Infos/réservations :
02/538 90 20

Site officiel :
www.stgillesculture.irisnet.be 

 

 

 




 

     



20 janvier : le décor est terminé, les miroirs sont accrochés, des projecteurs sont installés, l’éclairagiste essaie les effets, les nuances, il faut désormais tenir compte des miroirs…Y aura-t-il des vidéos ?

La bande son aussi est là : bruits de vent, sons lointains, petites notes égrenées… 

Séparés par les machines à laver, les personnages s’affrontent, par miroir interposé : qui parle à qui ? qui agresse qui ? et de qui ont-ils peur ?

Et voilà que l’émotion affleure : moment magique, dans le décor posé comme un objet incongru au centre du plateau, dans cet embryon d’éclairage en train de se créer, émergeant de semaines de quête, d’un remplacement de comédien, sans que les costumes et les maquillages soient là pour rassurer, dans l’abrupt de la répétition coupée par   "Moins fort, le son !" ou "Plus près du miroir !" ou " Non…" et on recommence. 
Dans l’abrupt de tout cela, l’émotion déjà émerge
.

25 janvier : définitivement, le décor est posé au centre du plateau, assumé comme tel, superbe "décor de théâtre", sans faux semblant et sans triche, la vidéo a été abandonnée, les éclairages se raffinent, le jeu de même, les comédiens-complices se concertent à mi-voix avant une scène, revérifient une réplique, les atmosphères changent, réalistes ou surréalistes, étranges ou crues : froideur carrée d’un quotidien désenchanté, suivie d’un éclairage blafard de film d’épouvante, affrontements minables, suivis d’affrontements presque drôles…

27 janvier : ça y est ! avant-première, le spectacle existe, je l’ai vu !

Deux hommes, chaque fois différents et chaque fois les mêmes, se rencontrent, tentent de se rencontrer, dans des situations différentes.

Ces deux-là : gardiens de prison, fonctionnaires de la peine de mort, que viennent-ils laver dans ce lavoir ?

Ce prisonnier au parloir - on ne saura pas pourquoi il est condamné – face à l’autre : cynique ou inconscient, trop gentil.

Ces deux frères opposés dans la subtilité émouvante de leurs souvenirs différents du père : quel jeu jouent-ils ?

Et cette "autre" histoire… à découvrir " de visu" et "in live" dans son étrangeté et son émotion…  Pas envie de vous raconter tout, mais l’envie, réelle et forte, de vous donner envie de venir.

Un spectacle à écouter et regarder comme un poème / policier plein de doutes et de questionnements : sur la vie, la fraternité, la naissance, l’autre, la peine de mort, les grandes causes humanitaires… 
C’est quoi : "être", "faire", "agir". Comment peut-on dialoguer vraiment, aller vraiment vers l’autre

Et voilà que la fin éclate, rupture et réconciliation, cri et tendresse, désespoir et lumière qui tranche l’espace.  Spectacle qui déploie l’imaginaire individuel, spectacle plein d’ouvertures, à savourer comme un fruit venu d’ailleurs plein de granulés surprenants.

 

Catherine Simon
Catherine.Simon@periactes.be

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