| "En 1997,
après sa venue à Bruxelles pour la lecture de son texte SALVADOR, elle écrivait
: « J'écris pour le jeune public depuis vingt ans et je sens toujours, comme tant
d'autres créateurs, la nécessité, d'un texte à l'autre, de repousser d'un cran
les limites du permis, du moral, du possible, des contraintes artificielles mais
combien présentes parce que nous avons choisi un jour d'écrire et de jouer pour
les enfants. Nous le savons tous, en 1997, il est encore risqué de refuser les
recettes et de parler une langue d'auteur, de refuser la leçon de choses et de
dire à voix haute que le monde dans lequel nous vivons ensemble, adultes et enfants,
est le même : cruel, tendre, complexe, le blanc et le noir aux extrémités tissant
une large et épaisse zone grise où les choses ne sont jamais si évidentes ».
Depuis combien de temps je connais Suzanne Lebeau ? 10, 15, 20
ans ? je ne sais plus. Depuis la tournée de UNE LUNE ENTRE DEUX MAISONS? , depuis
LA MARELLE ?, depuis le CONTE DU JOUR ET DE LA NUIT vu à Lyon en 91 ?
En tout cas, chaque rencontre fut un plaisir, une confrontation amicale d'idées,
une richesse : ainsi la découverte de SALVADOR à la faveur d'une nuit de lectures
de textes pour jeune public écrits lors d'une résidence d'auteurs dans le lieu
fabuleux de la Chartreuse de Villeneuve-lez-Avignon. Puis les retrouvailles
autour de ce même texte lu au Théâtre La montagne magique suite à une alerte à
la bombe dans les Galeries de la Reine qui nous avait obligés à évacuer le Vaudeville
! Les quatre auteurs présents ce soir-là n'oublieront jamais cette aventure.
Suzanne à Montréal au Festival des Coups de Théâtre ou à la Biennale de Lyon,
Suzanne à Bruxelles pour un stage d'écriture à la CTEJ. Discussions passionnées
chaque fois, remises en question, dialogue en marche. Ses textes sont sensibles,
abordent des sujets qui touchent à l'essentiel : SALVADOR, l'enfant
de la montagne, né au cour de l'Amérique du Sud, qui devient écrivain, «
Comment raconter le Sud sans mentir, sans embellir, sans déformer ? Comment
éviter le misérabilisme lorsqu'on parle d'enfants qui envahissent les places publiques
pour gagner leur vie, pieds nus, l'estomac vide ? Comment traduire la tendresse
rencontrée dans les rues. » écrit-elle dans la préface; ou L'OGRELET, où
une mère se bat de façon émouvante pour que son enfant ne devienne pas un ogre
comme son père. Nous avons eu envie de la faire venir pour toute une
semaine. Elle verra sa dernière pièce, L'OGRELET, montée par Valérie Cordy, elle
rencontrera des étudiants en scénographie qui travaillent sur ce texte à l'école
de la Cambre sous la direction de Jean-Claude De Bemels, elle rencontrera au CDW
des enseignants qui s'apprêtent à voir L'OGRELET avec leur classe, et d'autres
qui suivent une formation à l'écriture autour du thème de l'ogre ! Enfin,
nous nous retrouverons avec elle, enseignants, gens de théâtre, auteurs, étudiants,
amateurs de textes.. lors d'une soirée à la Bellone, on l'interrogera sur son
oeuvre, sur ses cours, sur sa conception du texte pour enfants, des comédiens
liront des extraits de ses pièces, on terminera par une collation et quelques
boissons (le 18 mars 2002 à 19 h, à La Bellone, soirée organisée par Confluences*
et l'IIT**) Catherine Simon - Email : catherine.simon@periactes.be
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