Bruxelles
2000 : Un bilan mitigé... (1/1/2001)
"No dream, no future"
Au niveau international, l'impact de BXL 2000 est pratiquement
nul. On se souviendra de l'Euro 2000 et des "Robocops"
au prise avec les Hooligans anglais démolissant le coeur
de Bruxelles; ces images-là ont fait le tour du monde
! Pourtant des sommes d'argent considérables ont
été investies dans la structure BXL 2000, l'institution
titanesque a englouti et digéré des deniers publics et
privés alors que les projets recevaient les miettes du
gâteau, certains étant plus gâtés que d'autres, toujours
dans un climat difficile qui témoignait d'un disfonctionnement
malheureux au niveau de la gestion. Que penser du
fait qu'il ait fallu mettre à la tête du projet l'écossais
Robert Palmer (avec certainement un salaire mirobolant),
histoire de contourner un problème communautaire chronique
qui empêchait toute vision d'ensemble dynamique et ne
permettait qu'un bricolage chaotique contestable et contesté,
plutôt qu'une politique culturelle cohérente ? Que
penser du fait qu'une majorité de projets eussent exister
de toute façon, labellisé ou non ?
Pourtant, on retiendra la Zinneke Parade qui deviendra
peut-être le symbole de la créativité artistique de la
population bruxelloise et de son sens de la fête !
Unique en son genre, puisqu'à chaque édition complètement
renouvelée, on imagine aisément que cette parade monumentale
puisse attirer de nombreux touristes et servir l'image
de la capitale et de la Belgique... (Serait-ce une
récupération politiquement incorrecte ?) Il faudrait
donc aller plus loin et par exemple doter Bruxelles
d'un festival de l'ampleur et de la renommée d'Avignon,
où tous les arts de la scène sont mis en avant et un lieu
qui rassemble et attire. On pourrait penser au Palais
des Beaux-Arts mais il est l'objet - également - de querelles...
communautaires. Si Music City se réalise, qui sait...,
cela pourrait peut-être convenir. Le site en plein
air de la Caserne Prince Albert près du Sablon, où le
somptueux Grand Carrousel (qui se rejouera peut-être
à Versailles en 2001 !) s'est déroulé, pourrait être (ré)aménagé
et accueillir d'autres grands spectacles de théâtre ou
de musique. On peut rêver ! Bruxelles n'a pas de
Tour Eiffel, ni de pyramide du Louvre, mais surtout, Bruxelles
n'investit pas dans ses artistes qui souvent survivent
et se battent pour réunir des fonds. Pourtant, il
y a une intense créativité et des artistes de talents
- tant au nord du pays qu'au sud, et bien sûr à Bruxelles
- qui ne demandent qu'à être encouragés.
En conclusion, nous dirons que malgré quelques temps forts,
Bruxelles 2000 n'a pas atteint ses objectifs, l'institution
a peut-être servi de prétexte et a au moins permis quelques
rénovations intéressantes, notamment dans le quartier
du Mont des Arts, mais il reste toujours de nombreux chancres.
Pour l'avenir, nous sommes rassurés pour le projet Zinneke
qui a reçu le soutien de plusieurs ministres (Eric Tomas,
François-Xavier de Donnea) mais nous restons inquiets
pour tous les autres projets, qui risquent d'encore devoir
mendier longtemps auprès des pouvoirs publics pour monter
leurs projets. On pensera par exemple à Charlie
Degotte et à sa quatrième revue, la lyrique, qui se termine
sur un constat amer : "No dream, no future..."
Après Bruxelles 2000, ils sont maintenant tous au chômage.
A quand une véritable politique culturelle pour Bruxelles
et des investissements réguliers ?
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